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Extraits d'un article
paru dans Le Monde, édition du 14 juin 2002
"Une bibliothèque
pharaonique à Alexandrie" par Alexandre Buccianti
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Boule
de pétanque pour Titan?
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Soucoupe
volante et planétoïde pour guerre des étoiles ? Raquette de tennis
et boule de pétanque pour Titan ? Rien de cela. Les concepteurs norvégiens
de la Bibliotheca Alexandrina, choisis par un jury international en
1989, ont voulu, avec ce cylindre d'aluminium anodisé et de verre
renforcé sortant de terre face à la mer, montrer que la nouvelle bibliothèque
était "enracinée dans le passé et ouverte sur l'avenir" ! A l'ouest,
une géode et une salle de conférences (3 200 places) viennent compléter
le complexe, traversé par une large promenade. |
| Côté
sud, une impressionnante muraille de granit gris d'Assouan, où sont
gravées des lettres des alphabets de toutes les langues vivantes ou
disparues de l'humanité, marque la limite. (...). Une salle unique
au monde par ses dimensions et sa conception. Près de 70 000 m2 répartis
sur treize niveaux dans un espace ouvert. Une centaine de colonnes
en fleurs de lotus stylisées soutiennent le plafond incliné, d'où
filtre la lumière indirecte du soleil à travers des fenêtres en forme
de voile de felouque. |
Salle hypostyle,
avec colonnes lotiformes
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La plus grande
salle de lecture du monde
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L'immense
paroi latérale en granit noir du Zimbabwe affirme une solennité réchauffée
par le parquet en chêne clair d'Amérique, qui fait ressortir le mobilier
fauve. Bienvenue dans la plus grande salle de lecture du monde ! Les
sept étages ouverts au public peuvent accueillir deux mille personnes,
qui disposeront, dans les salles de lecture, de tout le confort moderne
: ordinateurs reliés aux ressources de la bibliothèque, sur lesquels
on peut consulter cédéroms, multimédias, manuscrits et livres rares
déjà numérisés. Comble du luxe, on peut tourner les pages en effleurant
l'écran du doigt, comme pour un vrai livre. Les rayonnages sont à
portée de main, et 60 000 titres (15 000 en français) y sont disponibles
par accès direct et classés thématiquement. Au rez-de-chaussée est
présentée la religion, considérée comme base de la culture. |
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En grimpant, on accède
à : littérature, beaux-arts, médecine, sciences, sociologie, pour
finir au septième ciel avec l'informatique et la technologie de
l'information. Si l'on ne trouve pas ce que l'on cherche sur les
rayonnages, on consulte, sur ordinateur, la base de données de la
bibliothèque et l'on passe sa commande. Le lecteur peut aussi élargir
la recherche aux catalogues d'autres bibliothèques de par le monde,
comme les 28 millions d'imprimés de la Bibliothèque du Congrès américain.
Ou consulter des sites choisis sur un circuit Internet à haut débit.
Mais il n'est pas possible de jouer au surfeur fou, la Bibliotheca
ne voulant pas devenir le "plus grand cybercafé du monde" ! Les
chercheurs désirant s'isoler disposent de salles fermées pouvant
accueillir trois personnes ou même des cases individuelles. L'espace
comprend d'autres trésors comme la Bibliothèque Taha- Hussein (un
des plus grands écrivains égyptiens du XXe siècle frappé de cécité
dès son enfance), dédiée aux non-voyants, avec livres en braille
ou numérisés avec ordinateurs adaptés. Au quatrième étage, que certains
surnomment le pont du paquebot, on est en pleine science-fiction.
Les clignotants de 200 serveurs informatiques donnent l'impression
d'être sur un vaisseau de l'espace traversant les galaxies : le
résultat d'un don d'une valeur de 5 millions de dollars fait par
l'Internet Archive de Californie, la plus grande bibliothèque numérique
du monde, comprenant plus de dix milliards de pages Web (1996-2001)
provenant de 16 millions de sites. Une immense base de données directement
consultable et qui est renouvelée tous les deux mois.
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